Tu leur diras de raconter notre histoire dans leur monde libre. Que nous nous sommes battus pour eux. Tu leur apprendras que rien ne compte plus sur cette terre que cette putain de liberté capable de se soumettre au plus offrant. Tu leur diras aussi que cette grande salope aime l'amour des hommes, et que toujours elle échappera à ceux qui veulent l'emprisonner, qu'elle ira toujours donner la victoire à celui qui la respecte sans jamais espérer la garder dans son lit. Dis-leur Jeannot, dis leur de raconter tout cela de ma part, avec leur mots à eux, ceux de leur époque. Les miens ne sont faits que des accents de mon pays, du sang que j'ai dans la bouche et sur les mains."
Voilà ce que m'a lu ma mère, alors que j'étais dans mon lit et elle à Super U. C'est mots m'ont donné envie de lire le livre. Il parle de résistance durant la seconde guerre mondial. Il est écrit à la première personne, ce qui n'était pas le cas des 5 premiers livres de Levy (j'ai pas lu le 6éme). Il est ancré dans une réalité douloureuse. Je n'ai lu que le début, mais j'ai trouvé ça différent des premiers et chaque mot m'a accroché (ça par contre s'était pareil dans les précédents ^^).
J'ai ouvert à mon marque page. Un cadeau de ma mère. Il représente une partie d'un tableau de Théophile-Alexandre Steinlen, appellé "Chat couché". Dessus il y a une citation de Colette : "A fréquenter le chat, on ne risque que de s'enrichir" De toute façon, pour le coup, il ne m'aurait servit à rien ce marque-page. Je venais de finir la première partie. Facile de retrouver ma page. Les mots "Deuxième Partie" y trônaient fièrement au milieu, mais aussi annonciateurs de changement. Quand on change de partie, on change de cycle
Je lis et je m'emerveille de fluidité des mots, celle que je voudrais avoir, et aussi de cette sensation de ne pas lire un Levy. Ou un Levy amélioré. Loin de ces histoires d'amours habituelles (que j'aime aussi). Mais plus j'avance dans ma lectures, plus les phrases se font incisives, dures. Elles me mordent et me m'ont pleurer
La troisième partie finie de m'achever. Je ne fais plus attention à l'heure et mon chat a depuis longtemps rendu les armes. Le rideau verra encore un jour se lever et lui il dort dans le panier à linge. Mais moi, juste au-dessus de lui, j'ai les yeux et les joues humides
Je vous ai dit qu'il parlait de résistance ? Il parle de bien plus que ça. Ils parlent d'enfance volée, de sang et de sacrifice. Il parle des gens à qui nous devons notre liberté. Mon mouchoir est encore humide et je vais avoir les yeux bouffis, mais ce livre m'a ému comme peu de livres ou de films l'ont fait. Je vous le recommande vivement.









Les enfants de la liberté de Marc Levy
(26 mai 2007)